Nathalie. Nathalie est la directrice qui a ruiné mon évaluation. Alors j'ai décidé de ruiner sa vie. Nathalie a la soixantaine. Elle a de l'expérience : elle en a vu d'autres. Nathalie est aussi la chouchoute de notre VP - vice-présidente - et elle en abuse outrageusement. Quand je dis qu'elle est maligne, c'est qu'elle a su bloquer mon avancement de façon subtile. Mettre en avant un manque de leadership, c'est bien sûr subjectif, mais c'est surtout non-mesurable et donc inopposable. J'étais piégée.
Le premier problème de Nathalie, c'est qu'elle m'a sous-estimée. Elle a cru que j'étais une gentille bonne élève et que je n'allais pas comprendre ce qu'elle me faisait. Seulement voilà, elle n'a pas compris. Je n'étais pas une bonne élève par nature : j'étais une bonne élève par choix, parce que je croyais qu'on récompensait ce genre de collaborateurs. Bien mal m'en prit.
Le deuxième problème de Nathalie, c'est qu'elle était loin d'être elle-même irréprochable. Elle avait notamment un sérieux problème avec l'alcool et elle essayait tant bien que mal de cacher son homosexualité.
J'allais m'en servir contre elle.
Welcome to the jungle
Sunday, January 11, 2015
Saturday, January 3, 2015
Longtemps
Longtemps, j’ai été naïve. Longtemps, j’ai cru qu’il suffisait d’avoir les meilleurs résultats, pour faire carrière en entreprise. Comme à l'école. J’étais confiante vis-à-vis de ma hiérarchie : mon travail finirait par être reconnu et cela valait donc la peine de se donner sans compter. D’ailleurs, ma N+1, ma N+2 et ma RH ne m’avaient-elles pas confirmé que mon prochain poste serait celui que je convoitais. Mais un jour, moi aussi j'ai percuté de plein fouet le plafond de verre.
Je revis encore souvent cette scène. C'est le début de l'été, le soleil resplendit, le ciel est bleu et sans nuage, il fait bon. Le parfum des fleurs égayent nos tristes open spaces, qui s'emplissent de conversations sur les vacances à venir. Pour moi, l'avenir s'annonçait resplendissant. J'avais pulvérisé mes objectifs et de ce fait, reçu la meilleure notation de la direction. J'attendais avec impatience qu'on m'annonce la date de ma future prise de poste en tant que chef de service. Comme toutes les semaines, je pars en bilat', pour parler à ma chef de l'avancement de mes dossiers. Mais bien vite et sans que je ne comprenne pourquoi, ma directrice ne me parle plus de ma gestion de projet, mais de mon avenir professionnel. Sans autre forme de procès, elle m'annonce que le comité de carrière a décidé que je manquais de leadership pour le poste visé. De leadership ? Je m'étonne.
"- Sur quoi repose cette appréciation ?
- Le comité considère que tu n'es pas encore suffisamment armée pour le poste de chef de service, il faudrait que tu continues à développer tes compétences sur un poste équivalent à celui que tu occupes aujourd'hui.
- Mais encore ? Comment mesurez-vous le leadership ? Comment peut-on en manquer en faisant 210 % des objectifs ?
- Tu comprends, c'est une appréciation subjective, c'est un ressenti...
- Non, justement, je ne comprends pas. On me promet cette promotion cette promotion depuis un an et là, on me la refuse sur un critère subjectif, inopposable... et drôlement malin.
Qui m'a descendu ?
- Ce n'est pas comme ça qu'il faut voir les choses. Tu dois développer ton réseau et...
- Qui m'a fait ça ?
- Les discussions du comité sont confidentielles. Et irrévocables. - ..."
A ce moment-là, j'ai haï ma chef en qui j'avais confiance jusque là. J'ai exécré ma hiérarchie qui m'avaient menti depuis des mois. Surtout j'ai abhorré mon entreprise. J'avais le sentiment d'être une épouse fidèle qui découvre que son mari la trompe. Je me suis détesté d'avoir été aussi conne. J'ai voulu me mettre dans un trou de souris, disparaître. J'ai même eu des idées encore plus sombres.
Et puis j'ai réfléchi au lieu de me laisser porter par les sentiments. Et surtout, j'ai moi aussi pris une décision irrévocable. Je ne me ferai jamais plus manipuler par mon entreprise. Voici mon histoire.
Je revis encore souvent cette scène. C'est le début de l'été, le soleil resplendit, le ciel est bleu et sans nuage, il fait bon. Le parfum des fleurs égayent nos tristes open spaces, qui s'emplissent de conversations sur les vacances à venir. Pour moi, l'avenir s'annonçait resplendissant. J'avais pulvérisé mes objectifs et de ce fait, reçu la meilleure notation de la direction. J'attendais avec impatience qu'on m'annonce la date de ma future prise de poste en tant que chef de service. Comme toutes les semaines, je pars en bilat', pour parler à ma chef de l'avancement de mes dossiers. Mais bien vite et sans que je ne comprenne pourquoi, ma directrice ne me parle plus de ma gestion de projet, mais de mon avenir professionnel. Sans autre forme de procès, elle m'annonce que le comité de carrière a décidé que je manquais de leadership pour le poste visé. De leadership ? Je m'étonne.
"- Sur quoi repose cette appréciation ?
- Le comité considère que tu n'es pas encore suffisamment armée pour le poste de chef de service, il faudrait que tu continues à développer tes compétences sur un poste équivalent à celui que tu occupes aujourd'hui.
- Mais encore ? Comment mesurez-vous le leadership ? Comment peut-on en manquer en faisant 210 % des objectifs ?
- Tu comprends, c'est une appréciation subjective, c'est un ressenti...
- Non, justement, je ne comprends pas. On me promet cette promotion cette promotion depuis un an et là, on me la refuse sur un critère subjectif, inopposable... et drôlement malin.
Qui m'a descendu ?
- Ce n'est pas comme ça qu'il faut voir les choses. Tu dois développer ton réseau et...
- Qui m'a fait ça ?
- Les discussions du comité sont confidentielles. Et irrévocables. - ..."
A ce moment-là, j'ai haï ma chef en qui j'avais confiance jusque là. J'ai exécré ma hiérarchie qui m'avaient menti depuis des mois. Surtout j'ai abhorré mon entreprise. J'avais le sentiment d'être une épouse fidèle qui découvre que son mari la trompe. Je me suis détesté d'avoir été aussi conne. J'ai voulu me mettre dans un trou de souris, disparaître. J'ai même eu des idées encore plus sombres.
Et puis j'ai réfléchi au lieu de me laisser porter par les sentiments. Et surtout, j'ai moi aussi pris une décision irrévocable. Je ne me ferai jamais plus manipuler par mon entreprise. Voici mon histoire.
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